L’apprentissage est un levier essentiel pour les entreprises souhaitant former de futurs talents tout en bénéficiant d’avantages financiers et / ou matériels. En 2026, avec l’évolution des dispositifs gouvernementaux, il est crucial de comprendre les coûts réels liés à l’embauche d’un apprenti. Entre les règles applicables, les aides financières éventuelles et les avantages de l’alternance, petite synthèse du véritable coût de l’accueil d’un alternant.
Pour l’entreprise, recruter un apprenti ou un alternant ne répond pas seulement à une logique économique. Il s’agit aussi d’une véritable stratégie de gestion des ressources humaines, notamment pour la fidélisation des prochains collaborateurs. D’un autre côté, recruter un apprenti constitue un acte fort pour l’image de marque employeur.
Les coûts directs liés à l’embauche d’un apprenti
Quel que soit le contrat d’alternance signé (contrat de professionnalisation ou contrat d’apprentissage), l’entreprise verse une rémunération à l’apprenant. La rémunération minimale est fixée par la loi, et se définit en fonction du contrat signé mais aussi de la situation de l’alternant.
Pour mieux renseigner les entreprises, le gouvernement a mis en ligne un simulateur pour estimer le coût direct d’un apprenti ou d’un alternant.
Le contrat d’apprentissage : les rémunérations minimales
Le salaire de l’apprenti va dépendre de son âge d’une part et par sa progression dans son parcours de formation d’autre part.
| 1ère année d’apprentissage | 2nde année d’apprentissage | 3ème année d’apprentissage | |
| De 16 à 17 ans | 27 % du SMIC | 39 % du SMIC | 55 % du SMIC |
| De 18 à 20 ans | 43 % du SMIC | 51 % du SMIC | 67 % du SMIC |
| De 21 à 25 ans | 53 % du SMIC ou 53 % du SMC | 61 % du SMIC ou 61 % du SMC | 78 % du SMIC ou 78 % du SMC |
| Au-delà de 26 ans | 100 % du SMIC ou 100 % du SMC | ||
A partir de 21 ans, la rémunération sera calculée en pourcentage du SMIC ou en pourcentage du Salaire Minimum Conventionnel (SMC), selon le calcul le plus avantageux pour l’apprenti. En 2026, le SMIC s’élève à 1823,03 € bruts mensuels.
Des prélèvements en nature peuvent être prélevés sur cette rémunération minimale (logement, nourriture, …) sans pouvoir dépasser 75 % de la rémunération totale. En revanche, les frais de transport entre le domicile et le lieu de travail de l’apprenti doivent être pris en charge.
Considéré comme un collaborateur à part entière de l’entreprise, l’apprenti bénéficie des mêmes droits à congés que les autres collaborateurs (congés payés, congés maternité ou paternité, …). En outre, il a droit à 5 jours supplémentaires (rémunérés) dans le mois qui précède les épreuves finales de sa formation.
Le contrat de professionnalisation : les rémunérations minimales
Le salaire de l’alternant va dépendre de son âge mais aussi de son niveau de formation :
| Alternant n’ayant pas le niveau du BAC | Alternant attestant d’un niveau minimum BAC ou équivalent | |
| Avant l’âge de 21 ans | 55 % du SMIC | 65 % du SMIC |
| De 21 à 26 ans | 70 % du SMIC | 80 % du SMIC |
| Au-delà de 26 ans | 100 % du SMIC ou 85 % du SMC | |
Des exonérations de charges sociales remises en cause
Bien que l’alternance et l’apprentissage demeurent des priorités pour le gouvernement, les règles ont été durcies depuis le 1er mars 2025. Tous les contrats d’apprentissage signés à partir de cette date (et ceux à venir) sont donc soumis à ces nouvelles règles :
- Exonération des cotisations salariales pour les sommes ne dépassant pas 50 % du SMIC
- Exonération de la CSG et de la CRDS pour les comme ne dépassant pas 50 % du SMIC ;
Pour les contrats de professionnalisation, il n’existe plus d’exonération systématique, à l’exception du recrutement d’un alternant de plus de 45 ans (exonération des cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales).
- Exonération des cotisations patronales d’assurances sociales (assurance maladie, maternité, invalidité, vieillesse-décès) et d’allocations familiales lorsque le salarié est âgé de 45 ans et plus ;
Les coûts de formation en CFA (Centre de Formation d’Apprentis) sont généralement pris en charge par les OPCO (Opérateurs de Compétences). Cependant, certaines formations spécialisées peuvent engendrer des frais supplémentaires. Il convient donc de se renseigner directement auprès de l’Institut de formation.
Les coûts indirects liés au recrutement d’un alternant
La rémunération de l’alternant ou de l’apprenti représente la part la plus importante (et souvent l’exhaustivité) des coûts supportés par l’entreprise. Cependant, d’autres coûts peuvent être engendrés.
L’alternance, un devoir de formation pour l’entreprise
Pour commencer, par définition, l’alternance implique l’absentéisme de l’apprenant. Une semaine par mois, deux jours par semaine, le rythme de l’alternance est défini par le contrat signé, et reste donc connu en avance. Cela n’empêche, qu’il faut organiser les méthodes de gestion et de travail à cette réalité, pour que l’alternance ne devienne pas un frein à la croissance et au développement de l’entreprise.
D’autre part, le contrat d’alternance doit permettre à l’apprenant de se former et d’obtenir un diplôme. L’entreprise joue un rôle essentiel dans cet apprentissage. Il s’illustre en grande partie à travers la désignation d’un maître d’apprentissage ou d’un tuteur (pour les contrats de professionnalisation). Ce dernier reste l’interlocuteur privilégié, et doit accompagner au mieux l’apprenant jusqu’au terme du contrat. Le temps passé par ce tuteur reste variable, bien qu’il puisse être plus important en début de contrat.
D’éventuels équipements à prévoir pour une intégration réussie
Enfin, comme tout autre collaborateur, les apprentis ou alternants doivent pouvoir disposer des équipements nécessaires à la conduite de leurs missions, des outils spécifiques aux ordinateurs. Cela peut varier grandement d’une entreprise à une autre et d’un secteur d’activité à l’autre.
Des aides pour réduire le coût du recrutement d’un alternant
Depuis quelques années, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à recruter des apprentis ou des alternants. Les aides importantes, accordées par l’Etat notamment pendant la crise sanitaire du coronavirus, expliquent en partie ce nouvel engouement. Comme pour l’exonération des taxes sociales, ces aides ont été largement revues à la baisse.
Pour le contrat d’apprentissage, les nouvelles règles sont applicables depuis le 08 mars 2026. Pour les entreprises de moins de 250 salariés, le montant de l’aide (versée la première année du contrat uniquement) varie :
- 5 000 € si l’apprenti prépare un diplôme ou un titre à finalité professionnelle inférieur ou égal au niveau 4 (niveau Baccalauréat maximum)
- 4 500 €, si l’apprenti prépare un diplôme ou un titre à finalité professionnelle équivalent au niveau 5 (niveau Bac + 2 maximum)
- 2 000 €, si l’apprenti prépare un diplôme ou un titre à finalité professionnelle inférieur ou égal au niveau 7 (Master, DEA, DESS, diplôme d’ingénieur)
Pour les entreprises de plus de 250 salariés, les montants sont définis ainsi :
- 2 000 € si l’apprenti prépare un diplôme ou un titre à finalité professionnelle inférieur ou égal au niveau 4 (niveau Baccalauréat maximum)
- 1 500 € si l’apprenti prépare un diplôme ou un titre à finalité professionnelle équivalent au niveau 5 (niveau Bac + 2 maximum)
- 750 € si l’apprenti prépare un diplôme ou un titre à finalité professionnelle inférieur ou égal au niveau 7 (Master, DEA, DESS, diplôme d’ingénieur)
Pour le contrat de professionnalisation, les aides à l’embauche ont été supprimées depuis le 30 avril 2024. Seuls les recrutements d’un demandeur d’emploi de plus de 26 ans ou de plus de 45 ans peuvent permettre de percevoir une aide financière.
A ces aides nationales peuvent s’ajouter des aides régionales, décidées par les collectivités. Ces aides peuvent prendre diverses formes et diffèrent d’un territoire à l’autre.
Prêt à accueillir un apprenti en 2026 ?
Embaucher un apprenti en 2026 représente un coût maîtrisé pour les entreprises, grâce aux nombreuses aides disponibles. Au-delà des aspects financiers, l’apprentissage permet de former des collaborateurs motivés et compétents, tout en renforçant l’image sociale de l’entreprise.
Vous avez encore des questions :
Quelles sont les démarches pour embaucher un apprenti ?
Il faut signer un contrat d’apprentissage avec un CFA et déclarer l’embauche à l’URSSAF.
Peut-on embaucher un apprenti toute l’année ?
Oui, depuis 2019, les contrats d’apprentissage peuvent être signés à tout moment de l’année.
Les aides sont-elles cumulables ?
Oui, sous réserve de respecter les conditions spécifiques à chaque aide.