Alternance et apprentissage en 2026 : des signaux inquiétants ?

alternance 2026, des signaux inquiétants

Porté par les réformes, dont l’effet a été amplifié par la crise sanitaire du coronavirus, l’alternance a connu, pendant plusieurs années, un essor considérable. Pourtant, 2025 a révélé des signes d’essoufflement, et les entreprises comme les futurs alternants peuvent redouter l’année 2026. Pourquoi ? 



Revalorisation du salaire de l’alternant en 2026

La rémunération de l’alternant, quel que soit le type de contrat signé, est défini en pourcentage du SMIC. Aussi, la revalorisation de ce dernier, comme chaque année, permet une revalorisation automatique du salaire de l’apprenti et de l’alternant. En 2026, le SMIC  a été revalorisé de 1.18 % au 1er janvier soit un salaire brut horaire de 12.02 € soit un salaire mensuel brut de 1823,03 (environ 1443,50 € nets). 

Les données, indiquées dans les tableaux ci-dessous, constituent la base pour définir la rémunération minimale de l’alternant. En revanche, une rémunération plus élevée est possible notamment dans le cas d’un accord collectif applicable dans l’entreprise (le salaire minimum conventionnel (SMC) pourra alors se substituer au SMIC pour servir de base de calcul). Les heures supplémentaires, effectuées par l’alternant, sont rémunérées aux mêmes conditions que pour les autres collaborateurs de l’entreprise.

Salaire de l’apprenti en 2026 (Contrat d’apprentissage) 

Âge  De 16 à 17 ans  De 18 à 20 ans  De 21 à 25 ans  A partir de 26 ans
1ère année 

27 % du SMIC

492, 22 €

43 % du SMIC

783.90 €

53 % du SMIC

966,21 €

100 % du SMIC

1823,03 €

2nde année

39 % du SMIC

710, 98 €

51 % du SMIC

929,75 €

61 % du SMIC

1112, 05 €

3ème année

55 % du SMIC

1002,67 €

67 % du SMIC

1221,43 €

78 % du SMIC

1421,97 €

Données sur la base d’un temps plein soit 151,67 heures par mois.

Pour l’apprenti, une majoration liée à son âge sera toujours appliquée à partir du 1er jour du mois suivant la date de son anniversaire. 



Salaire de l’alternant en 2026 (Contrat de professionnalisation) 

De 16 à 20 ans De 21 à 25 ans  A partir de 26 ans 
Avec une qualification, un diplôme ou un titre inférieur au bac 

55 % du SMIC

 

1002, 67 €

70 % du SMIC

 

1276,12 €

 

100 % du SMIC

 

1823, 03 €

Avec une qualification, un diplôme ou un titre de niveau BAC minimum 

65 % du SMIC

 

1184, 96 €

80 % du SMIC

 

1458, 42 €

Données sur la base d’un temps plein soit 151,67 heures par mois.



 

Une rémunération brute revalorisée, un salaire net en baisse ? 

Le salaire minimum de l’alternant a donc été revalorisé depuis le 1er janvier. En revanche, il faut rappeler, que la rémunération nette des alternants a diminué depuis le 1er mars 2025. Cela s’explique par la baisse du plafond d’exonération des cotisations sociales. Avant mars 2025, les apprentis étaient exonérés de cotisations jusqu’à 79 % du SMIC. Depuis, ce plafond a été réduit jusqu’à 50 % du SMIC. En étant donc soumis aux prélèvements de la CSG et de la CRDS, tous les apprentis percevant au moins 50 % du SMIC ont donc vu leur rémunération nette diminuer. 



Un durcissement des conditions pour bénéficier d’une aide pour les entreprises 

 L’apprentissage a été ciblé, en 2025, pour participer à l’effort de réduction des dépenses budgétaires, devenue la priorité absolue du gouvernement. Il ne s’agit donc pas, à proprement parler, d’évolutions pour l’année 2026, mais cette année marquera la première, où ces durcissements seront appliqués dès le 1er janvier. Ainsi, les entreprises accueillant un alternant préparant un diplôme ou un titre professionnel de niveau BAC + 3, devront participer au financement du coût pédagogique de ces contrats. Auparavant prise en charge par les OPCO, cette participation a été fixée à la somme de 750 €. 

Cette participation forfaitaire a été instaurée alors même que 2025 a également marqué une diminution significative des aides à l’embauche d’alternants. Ainsi, puisque la loi de finances pour l’année 2026 n’a toujours pas été adoptée, les entreprises de plus de 250 salariés se voient exclues de toute aide financière à l’embauche d’un alternant. Désormais l’aide est donc exclusivement réservée aux entreprises de moins de 250 salariés, et elle a, une nouvelle fois, été revue à la baisse à 5.000 € pour la première année du contrat. Des diminutions supplémentaires, liées au niveau du diplôme ou du titre professionnel préparé – à ce stade, seules les formations conduisant à un niveau inférieur au BAC bénéficient d’ores et déjà de cette aide -, sont encore en discussion. Il faudra attendre l’adoption définitive de la loi de finances 2026 pour connaître le détail du dispositif. 



Une année 2026 difficile pour les entreprises et les alternants ? 

Pour les entreprises, recruter un alternant devient donc, sur un plan purement financier, moins attractif, voire couteux dans certains cas (participation forfaitaire de 750 €). Aussi, certains observateurs soulignent que ces mesures ont déjà conduit de nombreux acteurs économiques à réduire leur ambition en la matière. L’heure d’un « coût nul pour l’accueil d’un apprenti » est désormais révolue, et cela se constate déjà dans les chiffres. 

En effet, une étude du ministère de l’Enseignement supérieur, publiée en décembre dernier, soulignait qu’entre janvier et septembre 2025, le nombre de contrats d’apprentissage avait diminué de 4.4 % par rapport à l’année précédente. On craint que cette baisse s’accentue dans les mois à venir, dans la mesure où de nombreux acteurs économiques planifient d’une année sur l’autre leur stratégie en matière de recrutement. En novembre déjà, l’INSEE avait alerté les pouvoirs publics sur cette réalité. 2/3 des 60.000 emplois salariés du secteur privé détruits entre juin et septembre 2025 étaient liés au contrat d’apprentissage. 

Si cela pose un problème d’efficacité pour les entreprises, qui doivent toujours satisfaire à des besoins en augmentation, cela rend plus difficile le quotidien des futurs alternants. En effet, dans ces conditions, il devient de plus en plus difficile de trouver une entreprise d’accueil, étape indispensable avant de commencer sa formation. Ces difficultés posent un problème majeur, soulevé par de nombreuses associations étudiantes. En ne pouvant accéder à l’alternance (faute de places en entreprise), de nombreux étudiants doivent alors trouver d’autres solutions de financement. Ils sont nombreux à se tourner vers les emplois alimentaires, ces emplois étudiants qui restent un obstacle supplémentaire pour réussir ses études. Des acteurs connus et reconnus de l’enseignement supérieur se mobilisent pour accompagner et faciliter cette recherche. Ainsi, l’Institut F2i, spécialisé dans l’enseignement supérieur en informatique, numérique et dans les filières commerciales mobilise son réseau de plus de 3.000 entreprises partenaires pour palier en partie à ces difficultés. Toujours est-il que l’année 2026 ne commence pas sous les meilleurs auspices pour l’alternance et l’apprentissage ?