Recruter un apprenti en 2026 : toujours une opportunité pour les entreprises ? 

recruter un apprenti en 2026

En 2025, le nombre de contrat d’alternance a marqué un léger recul, une première depuis des années. Certes, la diminution des aides financières peut expliquer cette réalité, mais il serait réducteur et trompeur de limiter le recrutement d’un alternant à une simple question financière. Alors pourquoi est-ce toujours pertinent pour une entreprise de recruter en alternance en 2026 ? 



Un essor exponentiel à bout de souffle ? 

Depuis 2018, plusieurs évolutions législatives sont venues renforcer la voie de l’alternance et de l’apprentissage. L’objectif était double : 

  • Attirer des étudiantes et des étudiants en faisant de l’alternance une voie d’excellence. L’objectif consistait bien à sortir cette voie de l’alternance / apprentissage de l’image néfaste qu’elle pouvait pourvoir, 
  • Attirer également des entreprises, qui, jusque-là, n’avaient jamais envisagé l’alternance comme une levier pour répondre aux exigences de leur propre projet de développement. 

Ces ambitions se sont heurtées, en 2020, à la crise sanitaire du coronavirus. La pandémie mondiale a mis en danger cette ambition, et les autorités publiques ont décidé d’investir massivement pour permettre à cette forme d’enseignement de se développer. Le succès a été immédiat et d’une ampleur que nul ne pouvait espérer. En quelques années, les contrats d’apprentissage et de professionnalisation se sont multipliés, notamment grâce aux aides exceptionnelles mises en place pendant cette pandémie de Covid-19. Cela a permis d’atteindre les deux objectifs définis, à savoir une meilleure connaissance de cette forme d’enseignement par les étudiants mais aussi par les entreprises. Depuis quelques mois, les autorités publiques sont engagées dans la recherche d’économies. Dans ce contexte, les aides accordées aux entreprises, recrutant un apprenti, ont été revues à la baisse. L’essor fulgurant de l’apprentissage marque le pas. 2025 aura même marqué un léger recul du nombre de contrat signé. Est-ce le début d’une nouvelle ère ? Recruter un apprenti en 2026 reste-t-il une solution à envisager pour les entreprises ? Pourquoi ?

Recruter un apprenti : un signal fort pour se projeter dans l’avenir !

 

Pour l’entreprise, accueillir un étudiant, se préparant à obtenir un diplôme, ne représente pas uniquement la décision de choisir un nouveau collaborateur. L’entreprise décide en toute connaissance de cause de participer à une œuvre d’intérêt général : la formation des plus jeunes. Cela signifie, que d’un côté, l’entreprise est pleinement consciente, que l’apprenant ne peut, ^pendant la durée de son contrat, attester de toutes les compétences dont cette entreprise peut avoir besoin. En d’autres termes, si une entreprise recrute un étudiant préparant un mastère Data Engineer, elle ne pourra lui confier des missions dans ce domaine de la Data Science qu’à l’issue de sa formation. Cela implique également, que les périodes dans l’entreprise d’accueil participent à la formation de l’étudiant concerné. L’entreprise reste un acteur à part entière de la formation de ces apprenants. A travers le maitre d’apprentissage (pour le contrat éponyme) ou le tuteur (contrat de professionnalisation), l’entreprise accompagne l’étudiant à chaque étape dans ce long processus.

Toutefois, on ne peut considérer le recrutement d’un apprenti et / ou d’un alternant comme ne relevant que de l’intérêt général. L’entreprise, avant de se lancer dans cette démarche, a identifié des besoins, des exigences. Elle sait donc qu’elle aura besoin de compétences nouvelles, de connaissances spécifiques à plus ou moins long terme. Accueillir un alternant représente donc une anticipation parfaite pour se préparer longtemps en avance. L’entreprise accueille un futur expert, qui, pendant toute la durée de sa formation, pourra se familiariser avec l’organisation de l’entreprise, les méthodes de travail mais aussi les différentes attentes ressenties par celle-ci. Il s’agit bien d’une période, que certains qualifient d’adaptation, de préparation, …. Du reste, le contrat d’alternance peut prendre la forme d’un contrat de travail à durée déterminée (CDD) mais aussi à durée indéterminée (CDI). Dans ce dernier cas, l’étudiant, une fois son diplôme en poche, continue de travailler au sein de l’entreprise où il a été formé. L’alternance s’impose donc comme un levier de gestion RH et apparaît même être un des outils les plus efficaces pour anticiper les besoins futurs. 

Enfin, au-delà de l’anticipation, l’alternance représente enfin la possibilité d’accueillir un collaborateur, formé sur les dernières tendances et apte à se confronter aux dernières innovations technologiques, aux derniers outils. Cet « œil extérieur » peut également contribuer à faire naître de nouvelles opportunités de développement. 

Sur le plan humain, recruter un alternant en 2026 s’impose donc comme tout autant bénéfique que les années précédentes. Pourquoi alors peut-on constater cet essoufflement de ce mode d’apprentissage ? 

 

Accueillir un alternant au sein de son entreprise, une décision réfléchie et ne reposant pas uniquement sur une analyse économique 

  Les contraintes économiques et l’instabilité politique actuelle font craindre de nouvelles décisions néfastes à l’apprentissage dans les mois à venir. Entreprises et étudiants connaissent désormais les priorités des autorités publiques, qui entendent maitriser les dépenses publiques. Les aides financières accordées aux entreprises ont déjà été diminuées, et l’adoption tardive de la loi de finance pour 2026 a conforté cette tendance, même s’il faudra attendre la publication des décrets pour en connaître précisément l’ampleur. Contrairement à 2020 ou 2021, recruter un apprenti ne peut se définir comme une décision à un coût quasi-nul. Il s’agit bien, pour l’entreprise, d’un investissement : investissement sur la formation d’un futur collaborateur, investissement pour pouvoir répondre aux enjeux de demain, … 

 Bien que le coût financier d’un tel recrutement soit à étudier au cas par cas, il reste néanmoins toujours inférieur à celui du recrutement d’un nouveau collaborateur. (La rémunération des apprenants est définie en pourcentage du SMIC ou en pourcentage du Salaire minimum conventionnel en fonction de l’âge de l’apprenant, de son niveau d’études).  D’un autre côté, bien qu’il soit considéré comme un collaborateur à part entière, il reste par définition, absent lors des périodes en centre de formation. 

Recruter un alternant en 2026 ne peut pas se justifier par une simple question économique. En d’autres termes, les aides financières pour un tel recrutement ne peuvent expliquer à elles-seules une réponse favorable. Elles peuvent aider à la prise de décision, mais l’objectif prioritaire doit résider dans les besoins et la raison d’être de l’entreprise. C’est en cela, que l’alternance est peut-être entrée dans une nouvelle ère avec des entreprises moins nombreuses mais plus motivées.