Alternance et apprentissage : un constat sévère pour les étudiants et les entreprises !

Étudiants et entreprises face aux défis de l’alternance et de l’apprentissage

Depuis quelques mois, le nombre de contrats d’alternance diminue par rapport à l’année dernière. Après une période de croissance exponentielle, l’alternance et l’apprentissage marquent le pas, et cela représente des conséquences néfastes tant pour les étudiants que pour les entreprises. 

Pourquoi les études en alternance marquent le pas depuis plusieurs mois ? 

L’alternance a entre 2019 et 2024 attiré un grand nombre d’étudiants et séduit de nombreuses entreprises. En faisant de ces études en alternance, une voie d’excellence, les autorités publiques ont boosté l’essor de cette forme professionnalisante d’apprentissage. Cet essor, il faut bien l’avouer, peut également s’expliquer par les aides financières de l’Etat, accordées à toute entreprise pendant la période de la crise sanitaire du coronavirus. Ces aides financières ont porté le développement de l’alternance pendant des années. Aussi, la diminution et la restriction de ces aides explique en partie la réticence des uns et des autres à poursuivre dans cette voie. Mais la disparition de ces aides de l’Etat ne constitue pas la seule explication à ce relatif déclin du nombre de contrats d’alternance. 

L’activité économique atone explique également les hésitations des entreprises, qui voient dans l’alternance un véritable investissement sur l’avenir. Dans la mesure où les projets de développement se réduisent, les offres d’emplois en alternance suivent la même tendance. Ces incertitudes économiques des entreprises sont amplifiées par les coupes budgétaires de l’Etat, qui cherche à faire des économies sur tous les plans. Certaines entreprises préfèrent donc attendre et prendre connaissance des éventuelles hausses des dépenses à venir avant de s’engager dans l’accueil d’un alternant. 

Enfin, l’instabilité politique actuelle représente également un frein à l’essor de ces promesses faites à l’avenir. 

Trouver un contrat d’alternance, une mission de plus en plus difficile pour les étudiants 

Choisir d’étudier en alternance séduit de plus en plus d’étudiantes et d’étudiants chaque année. Aujourd’hui, ces derniers éprouvent néanmoins de grandes difficultés pour concrétiser leurs aspirations. Cela concerne tous les niveaux de formation, du BTS au master en passant par le Bachelor ou la licence professionnelle. Cette difficulté à signer un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage devient une véritable barrière d’entrée à l’alternance, barrière de plus en plus difficile à franchir.  Les perspectives ne sont guère optimistes pour les mois et les années à venir, comme l’a rappelé une note de l’INSEE publiée le 11 septembre dernier.  « L’emploi en alternance, pour lequel l’essentiel des embauches a lieu en septembre, se retournera d’ici à la fin de l’année avec 65 000 postes d’alternants détruits en six mois «  Cette situation contraste fortement avec la période, que nous venons de vivre. En effet, nous sommes passés de 295.000 contrats d’alternance signés en 2017 à 879.000 en 2024 avec l’objectif d’atteindre le million de contrats en 2027. Toujours est-il, que ces difficultés à trouver une entreprise d’accueil constitue une situation stressante pour les étudiants, qui voient alors les sources de financement de leurs études supérieures se tarir.  Aussi, les étudiants doivent mobiliser de nouvelles ressources à commencer par mieux se faire accompagner. Ainsi, l’Institut F2i, acteur reconnu de l’enseignement supérieur dans les filières commerciales, informatiques et digitales, accompagnent ses étudiants en mobilisant son réseau de 3.000 entreprises partenaires.  

Recruter un alternant, une décision de moins en moins attractive pour les entreprises ? 

 Comme nous l’avons déjà signalé ci-dessus, les enveloppes d’aides aux entreprises se révèlent désormais moins généreuses qu’auparavant. Aujourd’hui recruter un alternant ne représente pas un coût nul pour l’entreprise, comme cela a pu être le cas pendant la pandémie de coronavirus. Au-delà de cette diminution des aides, les entreprises doivent, depuis juillet 2025, supporter un reste à charge de 750 euros pour tous les apprentis de niveau BAC +3 minimum, un surcoût décidé pour économiser sur les aides à l’apprentissage de l’Etat Français (le coût estimé de ces aides à l’apprentissage est estimé entre 13 et 16 milliards par an). Enfin, les entreprises redoutent de devoir supporter une nouvelle baisse des crédits accordés à l’apprentissage dans le budget 2026, et l’instabilité politique actuelle ne rend pas les perspectives lisibles et compréhensibles.  Toutes ces raisons expliquent un recul de l’alternance. A la fin de juillet 2025, 141.600 nouveaux contrats avaient été signés, un chiffre attestant d’une baisse de 2.7 % par rapport à la même période en 2024 selon la Dares (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques). Sur les sites d’offres d’emplois en alternance, cette baisse est encore plus spectaculaire avec des reculs de 18 % (JobTeaser) et même 29 % (Indeed) . Ce désintérêt des entreprises doit cependant être nuancé. Plus marqué dans les petites et moyennes entreprises (PME), il reste marginal au sein des grands groupes et des multinationales. Ces dernières ont des projets au long cours et les moyens de supporter les surcoûts engendrés par les différentes évolutions législatives.  Bien que les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient encore d’aides financières, comparables à celles qui préexistaient, le coût de l’alternance a néanmoins augmenté de manière suffisamment significative. Ainsi, un chef d’entreprise expliquait aux journalistes du Monde : « Sachant qu’ils sont débutants et absents de l’entreprise 30 % du temps, les alternants deviennent aussi chers que les salariés. Nous en recrutons tous les ans depuis une dizaine d’années mais, là, ça devient difficile, d’autant que, depuis mars, les charges patronales ont aussi augmenté pour les apprentis. » Comme pour les étudiants, les entreprises doivent donc composer avec ces nouvelles réalités. L’accompagnement d’un expert se révèle d’autant plus essentiel pour ne pas manquer son recrutement et ne pas atteindre sa cible. L’Institut F2i, pleinement conscient de ces problématiques, accompagne les entreprises comme elle assiste les étudiants, et cela peut faire la différence.   

Et demain, un retour en grâce des études en alternance ? 

Pour les entreprises, l’alternance ne représente plus le levier, qu’il a pu être pour subvenir aux besoins futurs dont elles auront besoin. En effet, accueillir un alternant pouvait, lorsque le niveau des aides était suffisant, se substituer à un recrutement classique. Cela permettait alors à l’entreprise de pourvoir aux besoins des années à venir tout en se donnant le temps d’intégrer efficacement ses futurs collaborateurs. Ce n’est aujourd’hui plus le cas. Les entreprises et les acteurs économiques redoutent que les perspectives des années à venir n’inversent pas cette tendance de fond, rendant l’alternance moins attractive pour les étudiants.  Pour les étudiants, cette tension du marché de l’alternance devient problématique. La concurrence s’exacerbe entre étudiants pour décrocher les contrats disponibles sur le marché. Pour certains, ces difficultés les conduisent à reporter leur année d’études en alternance d’un ou deux ans, alors que d’autres jettent l’éponge en n’allant pas au bout de leur parcours de formation.  Devant cet échec, plusieurs possibilités s’offrent aux étudiants : abandonner leur cursus, car ils ne peuvent assurer seuls les frais de scolarité ou reporter d’un an leur parcours en alternance et occuper cette année scolaire entre jobs alimentaires et stages. Pour payer leur logement, d’autres envisagent de se rediriger définitivement vers l’intérim. Interrogé par les journalistes du Monde, le responsable du pôle étudiant de l’Association Article 1, se montre pessimiste et inquiet :  « On ressent une angoisse grandissante, dans un contexte où la précarité des jeunes était déjà en train d’exploser. Ce soutien permettait aux jeunes l’accès à des filières et des diplômes auxquels ils n’avaient pas forcément accès. On craint que beaucoup de jeunes lâchent les études. »