Si la rigueur budgétaire peut menacer le succès des études en alternance, les entreprises se montrent cependant désireuses d’intégrer massivement cette décision dans leur stratégie de gestion RH. Quelles seront les grandes tendances en 2025 ?
La rigueur budgétaire au programme de l’apprentissage en 2025
La croissance continue de l’apprentissage et de l’alternance n’a pas permis à cette voie singulière de la formation d’échapper à la rigueur budgétaire en 2024. Les aides exceptionnelles, accordées aux entreprises signant un contrat d’apprentissage ou un contrat de professionnalisation, mises en place en pleine pandémie de coronavirus, ont été revues à la baisse. L’ambition gouvernementale n’a pas changé – « Faire de l’alternance une voie d’excellence » -, mais les incitations faites aux jeunes notamment de concilier enseignement supérieur et activité professionnelle sont réduites. Et 2025 devrait marquer une continuité dans cette rigueur. Malgré l’instabilité politique du moment avec les difficultés majeures à se projeter dans l’avenir, le plan de 60 milliards d’économies annoncé par le gouvernement n’épargnera pas la voie de la formation en alternance. Les premières discussions font état d’une réduction du budget alloué à l’alternance et à l’apprentissage avoisinant 1.2 milliards d’euros.
Étudier en alternance, un choix plébiscité par les entreprises
Cependant, il faudra attendre des semaines, voire des mois, pour connaître précisément l’ampleur et la portée de ces décisions. Le gouvernement devra prendre des décisions, qui seront lourdes de conséquences.
Pour autant, il ne faudrait pas passer sous silence les conséquences du succès fulgurant de l’apprentissage ces dernières années. Cela aura permis à de nombreuses entreprises de découvrir les avantages qu’offre l’accueil d’un alternant ou d’un apprenti au sein de ses effectifs. Et les avantages financiers – l’aide exceptionnelle octroyée devait permettre de rendre le coût d’un tel choix presque nul – ne sont pas les seuls, que les directeurs de ressources humaines et autres chefs d’entreprise ont pu identifier.
C’est ce que confirme un récent sondage réalisé par l’Institut BVA pour le compte de l’Observatoire de l’Alternance.
Les études en alternance pour lutter efficacement contre les difficultés de recrutement des entreprises
Ainsi, 9 entreprises sur 10, ayant accueilli un alternant, se déclaraient satisfaites ou très satisfaites de leur décision. Et près d’une de ces entreprises sur 3 (29 % exactement) se décidait pour l’alternance au cours de ces deux dernières années. En d’autres termes, répondre aux attentes des futurs alternants concernent de plus en plus d’entreprises. Cet accueil d’un étudiant entre progressivement dans les mœurs et s’impose peu à peu comme un véritable levier de gestion RH.
Les entreprises ressentent de plus en plus le besoin de compétences spécifiques, et elles ont de plus en plus de mal à trouver ces compétences sur le marché du travail. Aussi, choisir l’apprentissage constitue une anticipation de ces difficultés de recrutement à venir.
88 % des entreprises disent avoir recours à l’alternance pour répondre à leurs besoins en compétences actuels et futurs
Naturellement, dans ces conditions, même si la baisse significative des aides financières accordées aux entreprises marque un signal néfaste, elle ne devrait pas occulter les avantages que représentent l’apprentissage pour lutter contre les pénuries de compétences, appelées à s’intensifier dans les années à venir. Dans certains secteurs, comme celui de l’Informatique et des métiers du Web, cet atout prend encore plus d’importance, tant ces pénuries se font déjà cruellement sentir. Aussi, 2025 devrait continuer à marquer la croissance des études en alternance.